15 Octobre – La journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal

Aujourd’hui, le 15 octobre, nous portons dans notre cœur la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal. Une journée dont nous ignorions l’existence il y a quelques mois de cela et dont nous saisissons aujourd’hui le poids.

Parlons-en car c’est encore aujourd’hui un véritable tabou, un morceau de vie intime cadenassé dans une pudeur et un silence assourdissant. Oui, le deuil périnatal existe : on estime que le taux de mortalité fœtale in-utéro est d’environ 8 pour 1000 en France. Oui, la mort d’un enfant – bien que n’ayant pas eu la chance de pousser son premier cri – est un déchirement, une absurdité, une tragédie. Ne pas en parler fera-t-il passer la pilule ou atténuer le chagrin des proches touchés ?

Malheureusement, à quatre mois, tu as décidé de t’en aller. Doucement, à pas feutrés, comme si tu voulais ne pas déranger. Et là, le processus médicalisé commença, quelque chose qui ne nous était jamais apparue comme une évidence : le moment de dire si on voulait que tu apparaisses sur notre livret de famille, si nous voulions préparer tes funérailles, si nous acceptions une autopsie ou si nous laissions ton corps à la science.

Ces quatre jours entre la nouvelle et le jour de l’accouchement furent – avec le recul –  étonnement doux. Nous prenions le temps pour chaque chose, nous nous préparions sereinement à ta venue au monde. Sans vie. Sans hâte. Comme si nous voulions capter chaque instant et le figer.

Nous avons eu par chance une équipe merveilleuse, douée de bienveillance et sensibilité. Nous étions des parents comme tout le monde: notre chambre était à l’étage des naissances, nous avons eu la visite régulière des sages-femmes, et nous avions une compassion inégalée de la part de ces personnes formidables.

Avons-nous le droit d’être appelé « père » et « mère » même si notre enfant n’a pas eu cette chance formidable de vivre ? Devons-nous nous taire face à l’indicible ? Sommes-nous moins parents que les autres ? Avons-nous le droit de pleurer cet enfant que nous n’avons pas connu physiquement ?

Notre travail de deuil nous a amené vers une communication extrême, une réflexion profonde sur notre vie, notre place dans la société, ce qui nous retenait à la vie.  Ces moments intimes furent nécessaires, vitaux. Ils furent aussi accompagnés par les mots, les pensées ou les prières de nos proches.

Oscar, tu seras à toujours notre premier. Et nous continuerons à porter ton nom auprès des gens que nous croiserons. Car trop souvent, le sujet est tu car vecteur de gêne. Les gens doivent entendre et comprendre ce que nous vivons car malheureusement, l’évènement est plus fréquent qu’on ne le croit. A cet évènement personnel, de nombreux épisodes similaires se sont révélés à nous dans notre entourage plus ou moins direct. Pourquoi garder ça pour nous alors que le deuil périnatal touche autant ? Pourquoi taire ce qui existe ?

Sensibiliser les personnels et les praticiens à cette question épineuse, ouvrir quelques portes devant les maladroits « vous êtes jeunes, vous en aurez d’autres » et autres « mieux vaut ça qu’un handicapé » et affronter le silence abyssal lorsque les autres passent à autre chose alors que nous vivons chaque jour avec cette douleur, tant de combats sont à mener ! Et aujourd’hui – plus que jamais – nous devons en parler.

Parlons-en et bien au-delà du 15 octobre !

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